Avant propos :



Avant propos : Cette série d’articles est déjà parue sur Facebook mais je trouve amusant que vous y retrouviez ma progression “intellectuelle”
Celui-ci est du 29 mai 2012.

Avant propos : Cette série d’articles est déjà parue sur Facebook mais je trouve amusant que vous y retrouviez ma progression “intellectuelle”
Celui-ci est du 29 mai 2012.

Face aux méthode dites « traditionnelles », les adeptes des méthodes amicales et positives ont introduit depuis plusieurs années maintenant le concept de « récompense » dans l’apprentissage du chien. En plus de la récompense, les notions de respect du chien et le refus d’utiliser des instruments potentiellement douloureux pour le chien ( colliers étrangleurs, chainettes, etc …) ont fait leur apparition.

Pour ses détracteurs, la récompense produit dans le meilleur des cas des chiens robots, dans le pire des cas, des chiens incapables d’obéir si la récompense n’est pas présente dans l’environnement immédiat du chien.

Les adeptes des méthodes amicales et positives ne prônent pas comme dans certaines autres méthode, la systématisation de la récompense à tout prix. Au contraire, que ce soit dans le leurre-récompense ou dans le clicker training, la récompense n’est qu’un accélérateur d’apprentissage qui augmente la motivation et doit être retiré dès que possible pour être remplacé par une récompense aléatoire.

C’est bien là que le bat blesse. Souvent la récompense est retiré trop rapidement et le chien se lasse de jouer à ce jeu où il perd sans arrêt. La plupart du temps, le maître se disant que « cela marchait avant » reprend sa distribution de « bonbons » et le chien se renforce alors dans l’idée qu’il a drôlement bien fait de ne pas « comprendre l’ordre » puisque son comportement de refuser d’obéir a eu comme effet la réintroduction de la récompense. Nous sommes là dans le cas où le chien refuse d’exécuter ce qu’il sait parfaitement faire au prétexte que « le salaire n’est pas là ». Pour autant peut-on réellement blâmer la méthode quand, en la matière, c’est son application qui a péché ?

Le chien-robot est plus souvent un chien clicker qui par un entrainement excessif est devenu accro au click. Il passe son temps à proposer ce qu’il sait faire en espérant le click magique. C’est le bon élève qui collectionne les bons points indéfiniment. Le propriétaire a crée cette addiction, pas la méthode.

La récompense est donc un outil pertinent dans le début de l’apprentissage mais il est si on réfléchit sereinement un outil contre-productif si il est utilisé trop longtemps sur le même apprentissage; en effet, récompenser ce que le chien sait faire, c’est se priver de l’efficacité d’une récompense à haute valeur pour acquérir de nouveaux savoirs ou savoir-faire. Pour garantir l’efficacité du système d’apprentissage, il est donc nécessaire de passer progressivement à la récompense aléatoire. Le plus simple reste de récompenser « tout » ce qui va vers ce qu’on désire au début et dès que le chien a intégré l’ordre et la gestuelle qui va avec, substituer une fois sur quatre, un « c’est bien ». J’aime le renforcer au début par Voix, toucher, regard. C’est à dire « c’est bien » et « je te caresse » et « je te regarde ». Cette récompense non-alimentaire vient peu à peu remplacer la friandise jusqu’à devenir majoritaire et la récompense ne tombe plus que « de temps en temps ».

L’apprentissage est « par nature » une forme de manipulation du chien puisqu’on renforce ce qui nous plait à nous et évidement pas nécessairement ce que le chien ferait « sans » nous ou sans cet apprentissage-là mais le sujet n’est pas là. Le sujet est peut-on se passer de la récompense “alimentaire” ? Oui absolument. C’est comme se demander si pour aller de Prades à Dhuizon on peut se passer de l’autoroute ? Oui on peut …. mais c’est moins rapide. Ce n’est ni mieux, ni moins bien. C’est juste moins rapide. Si vous avez bien suivi le raisonnement précédent, vous avez compris que le « voix/toucher/regard » est une récompense en soi. Dans la technique leurre/récompense ou le clicker-training, il sert de substitution mais il peut fonctionner seul dès le début.


Votre voix qui s’adoucit est une récompense

Votre voix qui s’adoucit est une récompense. Le chien est parfaitement capable d’intégrer vos changements de ton pour peu qu’il ait eu le temps de les apprendre ou tout du moins d’apprendre les conséquences de chacun d’entre eux. Votre gestuelle même sans contact peut être reconnu par le chien comme une récompense pour peu que vous augmentiez ou non votre posture d’accueil (le refus est assez évident à faire comprendre au chien au niveau gestuel) et enfin le regard est un puissant lien puisque si vous le rompez en détournant simplement la tête, la plupart du temps, le chien va vaquer à ses occupations sans ne plus tenir compte de votre présence.

L’apprentissage crée-t-il le lien ? Non pas nécessairement mais il est certain que dans les cas où ce lien est rompu, l’apprentissage par le jeu est un excellent moyen de recréer la capacité à étonner l’autre et à relancer rapidement le plaisir de vivre ensemble.

On entend tellement parler de récompense qu’on omet d’imaginer qu’un apprentissage ou un lien puisse aujourd’hui se créer sans faire appel à croquette, gruyère ou dés de jambon. Quelle raison objective aurait le chien d’entrer en relation avec vous en dehors de la récompense ? Pour se nourrir (besoin primaire mais il peut très bien entrer en relation avec vous pour répondre à ce besoin précis et vous ignorer tant que son métabolisme ne crie pas famine). Parce que vous êtes une excellente source de jeu ? (Voilà un puissant moteur de relation, « faire des choses ensemble ». Parce que vous êtes une source de nouveautés ? ( Pour peu que le chien étant chiot ait trouvé « positif » d’accumuler les expériences nouvelles ou que vous lui ayez appris). Si l’on conjugue Jeu et Nouveauté, il doit être facile avec un chien réceptif de créer ( ou recréer) un lien satisfaisant pour les deux parties basé sur un équilibre d’échange sans la contrepartie « financière » que représente la récompense qui en heurte certains.


Mais le chien peut-il avoir des raisons non-objectives de créer un lien particulier avec nous ?

Mais le chien peut-il avoir des raisons non-objectives de créer un lien particulier avec nous ? Si on y réfléchit, le plaisir que nous pouvons ressentir en tant qu’humain d’être avec ce chien-là à ce moment-là ne se calcule pas, ne s’analyse pas. Les éleveurs connaissent bien ce moment particulier de la naissance où de façon inconsciente et pourtant bien « naturelle » ils aiment « CE » chiot. Pourquoi en serait-il autrement pour ce chien envers nous ? Quelle norme sociale refusons nous de transgresser si nous acceptions l’idée que « souvent nous choisissons un ami de façon inconsciente et que parfois il n’est pas de notre espèce » ? (Notez que si vous êtes entourés de beaucoup de chiens et peu d’humains, statistiquement parlant vous avez plus de chance d’être en harmonie avec un chien qu’un humain). Et pour finir quel lâcher prise impliquerait que nous soyons assez « animal » pour ne pas avoir à nous poser la question du pourquoi ?

PS : Merci à Françoise Martin pour cet exercice de style.

Patrick Aufroy

Rappel : Cette série d’articles est déjà parue sur Facebook mais je trouve amusant que vous y retrouviez ma progression “intellectuelle”
Celui-ci est du 29 mai 2012.
C’était le premier article avec un peu de succès et une centaine de partage.

Ce que j’en pense en 2019 ?

J’avais écrit cela un peu comme un challenge à l’époque. Ceux qui me connaissent savent que j’écris souvent, tout le temps. L’article est bien construit. Il parlait déjà de lâcher prise et d’animalité que certains semblent découvrir aujourd’hui … je ne dis pas cela pour la polémique mais plutôt pour “remettre l’église au milieu du village” .. Personne n’invente rien. Même … voire surtout pas moi ! 🙂

Nous y reviendrons dans les mois qui viennent. C’est sûr ! Oui parce que si vous ne l’avez pas compris. Je recrée le contexte et je vais alimenter ce blog furieusement dans les mois à venir … J’aime bien “furieusement” …

Il y avait déjà là tout ce que j’ai développé depuis et les bases de la méthode Doggycoach était quasiment toutes en place.

Patrick Aufroy Doggycoach – 3 janvier 2019
Catégories : Blog

Patrick Aufroy

Éducateur canin, comportementaliste en positif, Homme de terrain j'ai décidé de mettre mes cours en ligne, Cliquez ici pour en savoir plus https://doggycoach.online/tout-savoir-sur-doggycoach

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